Des odeurs persistantes dans certaines chambres d’un hôtel, c’est un problème qui dégrade l’expérience client et résiste souvent aux interventions classiques. La cause se cache dans le réseau d’évacuation : défaut d’étanchéité, siphons qui se vident, ventilation défaillante. Pour un exploitant, chercher à l’aveugle revient à multiplier les travaux inutiles sans rien résoudre. Une investigation aéraulique structurée, elle, identifie la cause réelle et débouche sur des corrections ciblées. Voici, sur le cas d’un hôtel, comment une méthode rigoureuse a permis de remonter à une non-conformité présente depuis la construction.

D’où viennent les odeurs dans un réseau sanitaire ?
Plusieurs mécanismes peuvent être en cause. Le plus méconnu est le désiphonnage : l’eau du siphon disparaît, supprimant le barrage qui isole les gaz d’égout de la pièce. Ses causes principales :
- Aspiration par effet Venturi lors d’un écoulement rapide dans la colonne.
- Surpression liée à une ventilation insuffisante ou à un effet de piston.
- Mauvaise ventilation de la colonne, qui devient un tube fermé.
- Obstruction partielle du réseau.
Côté occupant, le symptôme est toujours le même : odeur d’égout, parfois du bruit ou un reflux d’air.
Comment mener l’investigation ?
Sur cet hôtel de 72 chambres sur 5 niveaux (construit en 2015, en Vendée), confronté à des plaintes récurrentes, la démarche a suivi trois étapes :
- Collecte des plans du Dossier des Ouvrages Exécutés (DOE) pour connaître le réseau tel que construit.
- Visite sur site pour confronter les plans à la réalité et relever les anomalies.
- Test fumigène sur le réseau EU/EV (eaux usées et eaux vannes) pour localiser fuites et défauts de ventilation.
Le principe du test fumigène est simple : on injecte une fumée colorée dans le réseau. Une sortie normale se fait par les ventilations primaires en toiture ; une sortie dans les chambres signale un défaut d’étanchéité ou de ventilation.
Qu’a révélé le test ?
Dans la grande majorité des cas, les fumées étaient correctement évacuées en toiture. Mais elles sont ressorties dans plusieurs chambres précises — exactement celles qui faisaient l’objet de plaintes, sans ambiguïté. Les siphons étant pourtant bien en eau, cela ne pouvait signifier qu’une chose : des canalisations non parfaitement étanches, par lesquelles les gaz d’égout trouvent un chemin de fuite contournant les siphons.
Second constat : les siphons de condensats des appareils de climatisation présentaient une garde d’eau inférieure à 50 mm, en dessous du minimum requis.
Où se situe la non-conformité ?
Le réseau utilise un procédé de chute unique (eaux usées et vannes dans une seule chute), couvert par un Avis Technique. La comparaison DOE / terrain confirme que les canalisations sont conformes — sauf sur un point. L’Avis Technique impose que la ventilation primaire débouche à l’air libre, en toiture (article 42 du Règlement Sanitaire Départemental).
Or, sur une seule colonne, un aérateur à membrane a été installé en remplacement de la sortie en toiture. Cet aérateur ne dispose d’aucun Avis Technique et n’est prévu que pour un réseau séparatif, pas pour une chute unique. C’est cette non-conformité localisée — un seul aérateur, sur une seule colonne — qui est à l’origine des odeurs dans les chambres desservies par cette colonne.
Bon à savoir — Un défaut invisible à l’œil nu lors de la réception peut générer des désagréments pendant des années. Seule la confrontation du terrain aux exigences documentaires (Avis Technique, DTU, RSDT) permet de le débusquer.
Quelles corrections apporter ?
Deux causes distinctes, deux corrections :
- La colonne non conforme : prolonger la ventilation primaire jusqu’en toiture, ou remplacer l’aérateur à membrane par un clapet à équilibrateur de pression disposant des Avis Techniques appropriés.
- Les condensats de climatisation : poser un double siphon pour atteindre la garde d’eau d’au moins 50 mm et supprimer ce second vecteur d’odeurs.
En résumé
Une installation correcte dans son ensemble, un seul point de non-conformité, et des odeurs dans plusieurs chambres depuis la construction : ce cas montre l’intérêt d’une méthode structurée plutôt que d’interventions au hasard. Collecte des DOE, visite terrain, test fumigène et analyse normative aboutissent à des causes identifiées et des corrections précises. ADNE Ingénierie réalise ces diagnostics aérauliques et sanitaires pour lever les odeurs persistantes sans cause évidente.
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