Test d’étanchéité à l’air d’une extension bois en Vendée : 0,63 m³/(h.m²) sur un bâtiment associatif neuf

La construction bois a la réputation d’être performante en étanchéité à l’air, et c’est mérité : préfabrication en atelier, membranes pare-vapeur continues et détails de jonction soignés permettent d’atteindre des niveaux bien inférieurs aux seuils réglementaires. Mais le bois est aussi plus sensible aux défauts de mise en œuvre sur les points singuliers. Pour un architecte ou un maître d’ouvrage, l’enjeu est clair : un seul défaut ponctuel peut pénaliser le résultat, surtout sur un petit bâtiment. Nous l’illustrons avec un cas réel : une extension bois neuve dont le test intermédiaire affiche 0,63 m³/(h.m²).

Construction bois : où se cachent les fuites ?

Si la membrane pare-vapeur est bien posée, l’enveloppe bois est très étanche. Les fuites se concentrent sur quelques points sensibles :

  • Une membrane mal scotchée ou un angle de liaison entre panneaux mal traité.
  • Les traversées de tuyauteries non colmatées.
  • Les joints insuffisamment dimensionnés, le bois travaillant légèrement avec l’humidité.

Sur un petit bâtiment associatif ou tertiaire, ces enjeux sont concentrés : chaque m² de paroi compte dans le calcul du Q4Pa-surf.

Le projet : une extension bois associative en Vendée

Le bâtiment testé est l’extension neuve d’un bâtiment associatif en Vendée, sur 1 niveau, en structure et remplissage bois avec isolation répartie. Il présente un volume intérieur de 669 m³ pour 409 m² de surface déperditive, avec une ventilation double flux et un chauffage par pompe à chaleur.

L’objectif de perméabilité à l’air était Q4Pa-surf ≤ 1,70 m³/(h.m²) (valeur réglementaire tertiaire). Le test a été réalisé en cours de chantier (Méthode 2, NF EN ISO 9972 et FD P50-784), bâtiment clos et couvert, membrane posée mais réseaux et finitions non encore installés. Tous les critères de validité de la norme ont été respectés.

Quel résultat à ce stade du chantier ?

Le test intermédiaire affiche Q4Pa-surf = 0,63 m³/(h.m²), pour un objectif de 1,70. L’objectif est atteint avec une large marge, et ce résultat est d’autant plus remarquable qu’il est obtenu en cours de chantier, avec encore des ouvertures provisoires qui pénalisent la mesure.

La valeur se situe juste au-dessus du seuil BBC Effinergie (0,60), et très en deçà de la valeur par défaut d’une étude RT2012. Le test final, finitions réalisées, devrait faire encore mieux.

Le diagnostic qualitatif a localisé trois zones de fuite, toutes corrigeables avant livraison :

  • La liaison pied de mur / plancher (infiltration forte), point singulier classique des constructions bois.
  • Les rails de fixation des menuiseries (fuites faibles), corrigeables par un complément de jointoyage.
  • La traversée des tuyaux d’eaux pluviales (fuite moyenne), à colmater avant réception.

Les parois courantes et les liaisons entre panneaux, elles, ne présentent aucune infiltration : la membrane remplit bien son rôle sur l’essentiel de l’enveloppe.

Point de vigilance — Le pied de mur, zone de liaison entre la structure bois et le plancher béton, mérite une reprise soignée avant les finitions. Traité trop tard, il devient difficile d’accès et peut générer des pathologies (infiltrations d’eau, ponts thermiques humides).

En résumé

Sur cette extension bois associative, le test intermédiaire affiche 0,63 m³/(h.m²) pour un objectif de 1,70 : une marge solide dès le stade chantier. Le résultat confirme le potentiel de la construction bois en étanchéité à l’air, à condition de soigner la pose de la membrane et les jonctions. Les quelques défauts identifiés sont ponctuels et corrigeables avant livraison : c’est tout l’intérêt d’un test intermédiaire. ADNE Ingénierie réalise les mesures de perméabilité à l’air des constructions bois et des extensions tertiaires.

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