En tertiaire, la RE2020 est un exercice d’équilibriste. Grands plateaux, larges baies vitrées, apports internes élevés : le Bbio (besoin bioclimatique) y est structurellement plus tendu qu’en logement. Pour un maître d’ouvrage ou un architecte, comprendre ce point change tout, car la vraie difficulté n’est pas toujours d’être conforme au départ, mais de le rester jusqu’à la livraison. Le cas présenté ici l’illustre : un immeuble de bureaux conforme à la RE2020, mais dont le Bbio ne passe qu’à 0,7 % près. Une marge minuscule, qui rend l’étude thermique et son suivi de chantier décisifs.

Pourquoi le Bbio est-il si serré en tertiaire ?
Contrairement au logement, souvent compact et peu vitré, un bâtiment de bureaux cumule les contraintes :
- De grands plateaux et de larges baies pour l’éclairage naturel.
- Des apports internes importants (bureautique, occupation dense).
- Des seuils de Bbio structurellement plus tendus.
Il faut donc souvent batailler sur l’enveloppe pour rester sous le maximum réglementaire. Ce projet de bureaux neufs (1 401 m², en périphérie nantaise, Loire-Atlantique) en est un bon exemple, avec sa structure en bois lamellé-croisé (CLT) et sa centrale photovoltaïque de 84 panneaux.
Que disent les résultats ?
Le Bbio ressort à 86,4 points pour un plafond de 87,0, soit 0,69 % de marge : conforme, mais sans matelas de sécurité. La consommation, elle, respire :
- Cep : 64,3 kWh/m²/an pour un maximum de 79,1 (gain de 18,7 %).
- Cep,nr : 64,3 pour un plafond de 69,8 (gain de 7,9 %).
C’est un schéma classique en tertiaire : on ne gagne pas la partie sur le seul Bbio, on la sécurise en combinant enveloppe correcte, équipements efficaces et production locale d’énergie.
Quels leviers font la différence ?
Deux choix de conception sont décisifs :
- Le bois CLT, doublé de 13 cm de laine de roche : une paroi performante (R = 3,9 m².K/W) qui, en bonus, stocke du carbone et allège l’impact carbone du bâtiment — un atout face au durcissement à venir des seuils.
- Le photovoltaïque (84 panneaux) : une électricité décarbonée valorisée dans le calcul, bien adaptée à des bureaux qui consomment surtout en journée.
Les menuiseries aluminium (Uw de 1,50 W/m².K) et l’objectif d’étanchéité à l’air Q4Pa-surf = 0,90 m³/(h.m²) complètent le dispositif. Ce niveau de perméabilité, plus exigeant qu’en logement, devra être tenu à la mise en œuvre et vérifié.
Point de vigilance — Avec 0,7 % de marge sur le Bbio, aucune modification de chantier ne pardonne. Une menuiserie remplacée par un modèle moins performant, un isolant aminci ou une surface vitrée agrandie suffit à faire basculer le bâtiment en non-conformité. Toute substitution doit être revalidée avant exécution.
En résumé
Ce projet résume la spécificité de la RE2020 en tertiaire : un Bbio sous tension, rattrapé par les équipements et le solaire, sécurisé par des choix structurels — le bois CLT — qui préparent aussi l’avenir carbone du bâtiment. Quand la marge est si faible, la valeur d’un bureau d’études est de la tenir jusqu’à la réception. ADNE Ingénierie réalise les études RE2020 tertiaires et accompagne maîtres d’ouvrage et architectes sur les arbitrages d’enveloppe, de structure, d’équipements et d’énergies renouvelables, dimensionnement photovoltaïque inclus.
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