Dans un bâtiment tertiaire, les réseaux de ventilation sont bien plus complexes qu’en logement : grandes surfaces de gaines, double flux, plusieurs zones desservies. Un réseau qui fuit ne se voit pas, mais il coûte cher : l’air traité, chauffé ou refroidi, s’échappe avant d’atteindre les locaux, les débits aux bouches s’écartent des valeurs prévues, et le label visé peut tomber. Pour un maître d’ouvrage ou un promoteur, tester l’étanchéité des réseaux à réception, c’est sécuriser à la fois la facture énergétique, la qualité de l’air et la conformité. Voici ce que révèle un tel contrôle sur un bâtiment d’enseignement neuf visé E+C-.

Pourquoi tester l’étanchéité des réseaux en tertiaire ?
Un réseau aéraulique non étanche a trois conséquences directes :
- Une perte d’énergie : l’air traité fuit avant d’arriver dans les pièces.
- Une qualité d’air dégradée : les débits réels ne correspondent plus à la conception.
- Une non-conformité si un label ou une certification était visé.
La norme FD E51-767 définit quatre classes d’étanchéité, de A (la plus permissive) à D (la plus exigeante). En tertiaire, la classe B est le niveau couramment visé (protocole Effinergie). La mesure se fait bouches obturées, réseau mis en pression à la pression de référence : 250 Pa en tertiaire, soit trois fois plus qu’en résidentiel (80 Pa). Les exigences sont donc d’autant plus sévères.
Comment s’organisent les essais ?
Sur ce bâtiment d’enseignement neuf de Charente-Maritime (construit en 2023, visé label E+C- niveau E3C1), chaque zone — atelier de maintenance, salles d’enseignement, atelier motos — dispose de sa propre unité de traitement d’air double flux. Cinq unités au total, chacune avec un réseau d’extraction et un réseau d’insufflation à tester (surfaces de gaines de 42 à 56 m² selon les zones).
Les essais suivent le protocole Effinergie non-résidentiel : dépressurisation pour l’extraction, pressurisation pour l’insufflation, le caisson de ventilation étant exclu et ses fuites déduites forfaitairement. Point fort de l’organisation : les techniciens de l’installateur étaient présents comme témoins.
Conseil ADNE — Planifiez le test avec l’installateur disponible sur site. Sur cette opération, les fuites en coudes, tés et trappes de l’atelier ont été reparées immédiatement pendant l’essai, sans second déplacement.
Où se situent les fuites ?
Le diagnostic qualitatif fait ressortir des points faibles récurrents en tertiaire :
- Les jonctions entre gaines flexibles et gaines rigides : les zones les plus souvent en défaut.
- Les plénums des grilles d’extraction : fuites moyennes sur les salles d’enseignement.
- Les traversées de parois : fuites importantes là où les gaines franchissent l’enveloppe, pénalisant à la fois le réseau et l’étanchéité du bâtiment.
L’étanchéité à l’air de l’enveloppe a aussi été mesurée : Q4Pa-surf = 0,96 m³/(h.m²), avec des fuites au droit des traversées de gaines, portails et portes de secours.
En résumé
Sur ce bâtiment, plusieurs réseaux atteignent la classe B visée, mais les extractions des zones d’enseignement restent en classe A — un cran en dessous, ce qui n’est pas anodin pour un label E+C-. Deux leçons : la complexité du double flux tertiaire multiplie les points de fuite (jonctions, plénums, trappes, traversées), et la présence de l’installateur permet des reprises immédiates. ADNE Ingénierie réalise ces mesures en tertiaire, selon les protocoles Effinergie et les normes en vigueur, installateur présent si possible.
Laisser un commentaire