Le décret tertiaire impose aux bâtiments tertiaires de plus de 1 000 m² de réduire leur consommation d’énergie finale : −40 % d’ici 2030, −50 % d’ici 2040, −60 % d’ici 2050, par rapport à une année de référence choisie entre 2010 et 2019. Le photovoltaïque peut y contribuer, mais pas n’importe comment. Seule l’énergie produite et consommée sur place réduit les achats au réseau, qui servent de base au calcul. Pour un propriétaire ou un gestionnaire de bâtiments tertiaires, une étude de faisabilité bien menée évite d’investir dans une solution peu rentable et permet de justifier ses choix sur la plateforme OPERAT. C’est tout l’enjeu d’une analyse menée sur une zone d’activité multi-locataires en Vendée.

Quelles solutions quand la toiture est exclue ?
Sur cette zone de trois bâtiments tertiaires, le photovoltaïque en toiture avait été écarté (coût élevé, chantier sur site occupé). L’étude a donc comparé trois solutions alternatives, en tenant compte des ombrages importants des bâtiments voisins :
- Brise-soleil photovoltaïques en façade : pertes de 7 à 9 % par ombrage des voisins, jusqu’à 40 à 50 % entre rangées superposées. Inéquitable entre étages, à éviter au Nord-Ouest.
- Panneaux en façade verticale : 35 à 40 % de perte par rapport à une pose optimale, plus 5 à 12 % d’ombrage. Non recommandé.
- Ombrières sur parking : une des trois positions testées ne perd que 7 % et peut être rentable ; les autres restent pénalisées par le coût des supports.
Quelle rentabilité réelle attendre ?
Les simulations détaillées portent sur quatre entités représentatives, de 1,5 à 12 kWc. Les résultats sont cohérents entre eux :
- Réduction de la consommation électrique comprise entre 20,3 % et 27,7 % par an, en moyenne sur 30 ans.
- Amortissement entre 13,2 et 15,4 ans selon l’entité.
- Les plus petites installations (1,5 à 2,5 kWc) réduisent le plus la facture en proportion, mais s’amortissent plus lentement.
Bon à savoir — L’article 11 de l’arrêté du 10 avril 2020 permet de moduler les objectifs du décret tertiaire quand le temps de retour dépasse 15 ans pour un équipement énergétique. Plusieurs installations de ce site sont dans ce cas : c’est un argument à documenter dans le dossier OPERAT.
Autoconsommation individuelle ou collective : que retenir ?
Pour compter dans le décret tertiaire, l’énergie doit être consommée sur site, sans facturation entre producteur et consommateur. Ce point change tout :
- Autoconsommation individuelle : prise en compte possible, à condition d’installer les bons comptages et de clarifier les responsabilités bailleur/locataire par contrat.
- Autoconsommation collective : reconnue seulement si producteur et consommateur sont la même entité juridique. Difficile à remplir ici, où les locataires sont distincts du propriétaire. Non recommandée en l’état.
En résumé
Sur une zone tertiaire multi-locataires, le photovoltaïque réduit la consommation de 20 à 28 %, mais ne suffit pas seul à atteindre −40 % : il complète l’isolation, le pilotage et les équipements performants. Les contraintes d’ombrage, le choix de la solution (façade, brise-soleil, ombrières) et le statut juridique de l’autoconsommation doivent être analysés avant tout investissement. Une étude de faisabilité ADNE Ingénierie vous donne un rapport documenté pour décider sur des chiffres, pas sur des estimations de catalogue.
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