
Rénover un bâtiment existant en visant une bonne étanchéité à l’air est bien plus délicat que construire neuf. La structure n’a pas été conçue pour ça, les matériaux sont hétérogènes, et un bâtiment patrimonial ajoute des contraintes architecturales. Pourtant, l’enjeu est réel : pour un maître d’ouvrage public, une enveloppe étanche, c’est moins de déperditions, des factures de chauffage maîtrisées et un confort durable pour les occupants. L’exemple ci-dessous, sur un bâtiment public patrimonial rénové en Vendée (bureaux, 3 niveaux, structure béton, isolation par l’intérieur), montre qu’un excellent résultat est atteignable sur le bâti ancien.
Un résultat exemplaire sur du bâti ancien
Le test a été réalisé à réception, selon la norme NF EN ISO 9972 et le fascicule FD P50-784, en Méthode 3 (méthode de référence pour les tests de réception, sans colmatage artificiel). Le résultat est Q4Pa-surf = 0,50 m³/(h.m²) pour un objectif de 0,60 — soit 17 % de marge, sous le seuil BBC Effinergie. Le n50 ressort à 0,59 h⁻¹, comparable à une construction neuve très soignée. Sur un bâtiment de près de 23 000 m³, la fuite totale équivaut à un carré de moins de 47 cm de côté.
Où sont les fuites résiduelles ?
Point notable : aucune fuite sur l’enveloppe structurelle. Les trois zones identifiées sont toutes des équipements de second œuvre, faciles à corriger :
- Portes extérieures du rez-de-chaussée : joints mal compressés entre vantaux (fuite forte, corrigible par réglage ou remplacement des joints).
- Une fenêtre de bureau à l’étage : défaut de fermeture (fuite forte, corrigible sans intervention lourde).
- Portes des cabines d’ascenseur métalliques (fuite moyenne, dépendante de l’équipement fourni).
Conseil ADNE — Les défauts de menuiseries (portes, fenêtres) doivent être repris dans le cadre des réserves de réception, avant la mise en service. Ces corrections sont légères, mais leur non-réalisation dégradera progressivement le résultat au fil des cycles thermiques.
Pourquoi l’étanchéité se programme dès la conception ?
Ce résultat n’est pas le fruit du hasard. L’isolation par l’intérieur s’est accompagnée d’une mise en œuvre soignée des continuités d’étanchéité sur toute l’enveloppe. Le message pour les maîtres d’ouvrage publics est clair : l’étanchéité à l’air n’est pas une contrainte de fin de chantier. Elle se programme dès la conception, se vérifie et se réceptionne avec le même soin que l’isolation ou la ventilation.
En résumé
Un bâtiment public ancien rénové peut atteindre 0,50 m³/(h.m²), au niveau d’une construction neuve, à condition d’intégrer l’étanchéité à l’air dès le programme de rénovation. Les fuites résiduelles, concentrées sur les menuiseries, se corrigent facilement en réception. ADNE Ingénierie réalise les mesures de perméabilité à l’air des bâtiments tertiaires et institutionnels, neufs et en rénovation, pour les collectivités de Vendée et de Loire-Atlantique.
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