CCTP électricité pour un bâtiment de stockage et bureaux : bilan de puissance, courants forts et faibles

Le CCTP du lot électricité est la pièce maîtresse qui définit, pour un projet donné, l’ensemble des prestations attendues de l’entreprise : objectifs techniques, normes à respecter, niveaux de performance et limites de prestation entre corps d’état. Pour le maître d’ouvrage, l’architecte ou le promoteur, ce document remplit trois fonctions essentielles : rendre les offres comparables sur une base technique identique, engager l’entreprise sur des obligations de résultat, et structurer la coordination avec les autres lots. Mal rédigé, il ouvre la porte aux surcoûts et aux litiges. Bien construit, il sécurise la qualité de l’installation finale.

Pourquoi le bilan de puissance est-il déterminant ?

Sur la construction d’un bâtiment mixte bureaux et stockage en Sarthe (classé ERT), le CCTP donne deux bilans de puissance indicatifs : 33 535 W pour les bureaux, 19 000 W pour le stockage, hors bornes de recharge. Ces valeurs déterminent le calibre des tableaux, la section des câbles principaux et la puissance à demander à ENEDIS. Le bilan suit une logique de facteurs correctifs (utilisation, simultanéité) qui traduit le fait que tous les récepteurs ne fonctionnent pas à pleine charge en même temps. Le déséquilibre entre phases ne doit pas dépasser 10 %.

Le projet intègre aussi des réservations pour deux bornes IRVE et une installation photovoltaïque en autoconsommation, dont les emplacements sont prévus dans les tableaux.

Quels niveaux d’éclairement par local ?

Le CCTP fixe les niveaux d’éclairement à maintenir, qui orientent l’étude d’éclairage de l’entreprise :

  • Bureaux, open space, salle de réunion : 500 lux.
  • Accueil : 300 lux ; circulations : 150 lux ; sanitaires et salle de pause : 200 lux.
  • Stockage : 200 lux en chargement/déchargement, 300 lux en zone de picking.

Que spécifie le CCTP en courants forts et faibles ?

Les courants forts couvrent les tableaux, le câblage, l’appareillage, la lustrerie, l’éclairage de sécurité et la mise à la terre. Les courants faibles couvrent le câblage VDI, le téléphone/données et l’alarme incendie (SSI). Les principales prescriptions :

  • Câbles principaux U1000 R2V, câbles incendie SYT1 ou CR1, câbles VDI catégorie 6.
  • Régime de neutre TT, protections différentielles 30 mA sur les prises et salles d’eau.
  • Chutes de tension limitées à 3 % en éclairage et 5 % en force motrice ; séparation de 30 cm entre chemins CFO et CFA.

Conseil ADNE — sous RE2020, l’étanchéité à l’air concerne aussi l’électricien : limiter les percements et utiliser des boîtiers d’appareillage étanches à l’air. Ces prescriptions sont opposables et incluses dans le prix forfaitaire.

Qui est responsable des notes de calcul ?

Point essentiel : le bureau d’études fournit des valeurs indicatives de conception, mais les notes de calcul d’exécution (bilans, chutes de tension, courts-circuits, éclairement, carnet de câbles) sont à la charge de l’entreprise, en conformité avec la NF C 15-100. Elles sont à produire dans le mois suivant la notification du marché, sous peine de pénalités. Cette règle protège le maître d’ouvrage en chargeant celui qui réalise l’installation de valider ses propres dimensionnements.

En résumé

Un CCTP électricité bien construit permet d’obtenir des offres comparables, de tenir les entreprises sur leurs obligations et de coordonner les interfaces entre lots. Sur un projet mixte bureaux-stockage, où les niveaux de service varient d’un espace à l’autre et où l’étanchéité à l’air interfère avec le choix des boîtiers, la rigueur de la pièce écrite conditionne la qualité finale. ADNE Ingénierie rédige les CCTP électricité (courants forts et faibles) en cohérence avec les études thermiques et CVC du projet.

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