Tout établissement qui diffuse habituellement de la musique amplifiée à fort niveau doit produire une étude d’impact des nuisances sonores (EINS). Bars musicaux, discothèques, salles de concert, restaurants, salles municipales, festivals : le critère n’est pas le type d’établissement, mais le niveau de diffusion et son caractère habituel. L’EINS poursuit deux buts : protéger le voisinage des nuisances sonores et préserver l’audition du public. C’est un dossier réglementaire obligatoire, à tenir à jour, qu’un exploitant doit pouvoir présenter en cas de contrôle. Exemple sur une discothèque de centre-ville en Vendée.

À qui s’impose l’EINS ?
Le décret du 7 août 2017 s’applique à tout lieu ouvert au public diffusant des sons amplifiés au-delà de 80 dB(A) équivalents sur 8 heures. Pour les discothèques, toutes les prescriptions s’appliquent, quelle que soit la capacité. Six obligations principales :
- Ne pas dépasser 102 dB(A) et 118 dB(C) sur 15 minutes en tout point accessible au public.
- Enregistrer en continu les niveaux sonores et conserver les enregistrements.
- Afficher en continu les niveaux à proximité du système de contrôle.
- Informer le public sur les risques auditifs.
- Mettre à disposition des protections auditives gratuites.
- Créer une zone de repos auditif (≤ 80 dB(A) équivalent sur 8 heures).
L’établissement étudié
Une discothèque de centre-ville en Vendée, jauge de 100 personnes, ouverte du mercredi au samedi de 22h à 4h. L’habitation la plus exposée se trouve à 16 m du local. La sonorisation est fixe et exclusivement intérieure (toute diffusion en extérieur est interdite par arrêté préfectoral). Au moment de la mission, aucun limiteur n’était installé.
Quelles mesures, pour quels résultats ?
Les mesures ont été réalisées sur une nuit complète, selon la norme NF S 31-010 (méthode d’expertise), avec deux sonomètres de classe 1 : un à l’intérieur, un en terrasse pour mesurer l’émergence vis-à-vis du voisinage. La méthode d’expertise permet d’obtenir les niveaux par bande d’octave, nécessaires au calcul du niveau maximal autorisé par fréquence.
En appliquant l’émergence maximale autorisée (4 dB(A) la nuit), le niveau d’exploitation maximal ressort à 80,5 dB(A) au micro de mesure, soit une valeur largement sous 102 dB(A) sur la piste. La zone de repos auditif est validée dans le fumoir, mesuré à 63 dB(A) sonorisation au maximum.
Quel réglage de limiteur préconisé ?
L’étude prescrit l’installation d’un limiteur/enregistreur, réglé et scellé par son installateur, avec un seuil global à 87 dB(A) et 118 dB(C). Ce réglage respecte à la fois l’émergence dans le voisinage et le plafond de 102 dB(A) pour le public. Le limiteur doit être placé près de la régie son, afficher les niveaux en continu et enregistrer les données.
L’étude recommande aussi de garder la baie vitrée fermée pendant les soirées, de soigner l’étanchéité du joint de porte, de prévoir un vigile pour gérer l’extérieur et de poser des affiches de prévention avec bouchons d’oreilles à disposition.
Bon à savoir — L’EINS doit être mise à jour à chaque modification de l’installation : changement de matériel, réaménagement intérieur, nouveau réglage du limiteur. En cas de contrôle, l’exploitant doit présenter un dossier complet et à jour.
En résumé
Dans ce cas, l’établissement respecte déjà l’émergence dans le voisinage sans limiteur ; l’installation du limiteur prescrit sécurise cette conformité dans la durée, même si les conditions d’exploitation évoluent. L’EINS n’est pas une formalité administrative : c’est un dossier technique qui combine mesures in situ, calcul d’émergence, prescription du limiteur et validation de la zone de repos auditif. ADNE Ingénierie réalise les études d’impact des nuisances sonores (EINS) des établissements diffusant de la musique amplifiée, pour sécuriser votre conformité réglementaire.
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